Présent pour la première fois à Paris à l’occasion de Maison&Objet 2026, M77 avait choisi de faire découvrir bien plus qu’un savoir-faire industriel. Entre le lancement de sa nouvelle marque Genslyn et sa collaboration avec le designer Wu Bin pour Le Pavillon du Temps au Palais-Royal, l’entreprise chinoise avait proposé une vision de l’habitat où la matière, la nature, la lumière et le temps occupaient une place centrale.

Installé à Jiangyin, dans la province du Jiangsu, au bord du Yangtsé, M77 avait construit son histoire sur plus de trente ans de savoir-faire dans l’aménagement intérieur haut de gamme.
À l’origine spécialisée dans les projets hôteliers de prestige, l’entreprise s’était progressivement développée dans le secteur résidentiel, en travaillant sur des projets entièrement sur mesure : portes, boiseries, dressings, cuisines, bibliothèques, rangements et différents éléments d’architecture intérieure.
Une expertise souvent invisible pour le grand public, car elle se trouvait traditionnellement derrière de grands projets hôteliers ou résidentiels.
Avec sa venue à Paris, M77 avait cependant souhaité changer de perspective : ne plus seulement montrer ce qu’elle savait fabriquer, mais aussi raconter comment elle imaginait les espaces dans lesquels nous vivons.
Genslyn, une nouvelle vision de l’habitat
C’est dans cette volonté qu’était née Genslyn, nouvelle marque premium présentée pour la première fois en Europe à Maison&Objet.
Placée sous la direction artistique du designer chinois Wu Bin, Genslyn s’inspirait d’une relation ancienne dans la culture chinoise : celle qui unit l’habitat au paysage.
Ici, la montagne et la forêt n’étaient pas simplement des motifs décoratifs. Elles devenaient une manière de penser l’espace : plus calme, plus contemplative, attentive aux matières, à la lumière et aux gestes du quotidien.
Les collections présentées à Paris traduisaient cette philosophie dans des pièces pensées à la frontière entre mobilier et architecture intérieure.
Le Lantern Pavilion, par exemple, réinterprétait la traditionnelle lanterne chinoise sous la forme d’un meuble-bar sculptural. Le Tea Cube revisitait quant à lui le cabinet chinois autour de l’univers du thé, des objets et des collections personnelles.
À travers ces pièces, M77 cherchait à montrer qu’un meuble pouvait participer à l’identité globale d’un intérieur, plutôt que d’être considéré comme un simple objet indépendant.


Quand le savoir-faire de M77 sort de la maison
La présence de M77 à Paris ne s’était pourtant pas limitée à Maison&Objet.
Quelques jours plus tard, son savoir-faire accompagnait un projet de Wu Bin présenté dans un environnement radicalement différent : Le Pavillon du Temps, installé dans les jardins du Palais-Royal dans le cadre de la Paris Design Week.

Le projet proposait une architecture temporaire composée notamment d’acier poli miroir et d’une membrane translucide. Selon la lumière et l’heure de la journée, le pavillon reflétait les arbres, le ciel et les visiteurs, donnant au lieu une apparence constamment changeante.
Dans ce projet, M77 retrouvait une dimension essentielle de son propre métier : celle de fabriquer et de mettre en œuvre des espaces qui ne se contentent pas d’être fonctionnels, mais qui cherchent à produire une expérience.
Le lien avec Genslyn apparaissait alors naturellement.
D’un côté, M77 imaginait avec Wu Bin des intérieurs inspirés par la montagne, la forêt et l’art de vivre chinois. De l’autre, le Pavillon du Temps proposait aux visiteurs de ralentir et de regarder autrement un lieu emblématique de Paris.
Dans les deux cas, l’espace devenait une expérience.
De la fabrication à la création
Cette présence parisienne avait également permis de mieux comprendre l’évolution de M77.
Après trois décennies consacrées à la fabrication et aux projets sur mesure, l’entreprise développait désormais une approche plus globale, associant production, architecture intérieure, design et création de marques.
M77 avait notamment développé des centres de design à Shanghai, Nankin et Milan et renforcé ses collaborations avec des designers chinois contemporains.
Cette évolution correspondait à une transformation plus large du paysage créatif chinois : une nouvelle génération d’entreprises cherchait désormais à faire reconnaître non seulement la qualité de sa fabrication, mais aussi sa capacité à développer une pensée du design et un univers culturel propres.
À Paris, M77 avait ainsi choisi de raconter cette évolution à travers deux expériences complémentaires : l’intérieur avec Genslyn, et l’espace public avec Le Pavillon du Temps.


Une première présence parisienne qui aura permis de découvrir une entreprise encore peu connue du grand public français, mais dont le parcours illustrait une transformation intéressante : celle d’un savoir-faire industriel chinois qui cherchait désormais à devenir une véritable expression contemporaine de l’art d’habiter.